{"id":2773,"date":"2019-12-20T09:25:33","date_gmt":"2019-12-20T08:25:33","guid":{"rendered":"https:\/\/pbellevue.libreedu.ovh\/productions\/wpcdi\/?p=2773"},"modified":"2019-12-20T16:47:55","modified_gmt":"2019-12-20T15:47:55","slug":"antioche-ecrits-critiques-des-2nde5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pbellevue.libreedu.ovh\/productions\/wpcdi\/index.php\/2019\/12\/20\/antioche-ecrits-critiques-des-2nde5\/","title":{"rendered":"Antioche \/ \u00e9crits critiques des 2nde5"},"content":{"rendered":"\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><em> Antioche<\/em> : une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre qu\u00e9b\u00e9coise entre Orient et Occident<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-3\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-left\"> La pi\u00e8ce <em>Antioch<\/em>e se joue actuellement au Grand Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Albi. \u00c9crite  par Sarah Berthiaume et mise en sc\u00e8ne par Martin Faucher, la pi\u00e8ce  d\u00e9nonce \u00e0 travers un th\u00e9\u00e2tre moderne, la dure r\u00e9alit\u00e9 de nos actuelles  soci\u00e9t\u00e9s de consommation.Antioche, pi\u00e8ce ou carrefour d\u2019Orient?Jade est  une jeune adolescente en \u00abcrisse\u00bb, en col\u00e8re contre le monde qui  l\u2019entoure. In\u00e8s, sa m\u00e8re est une r\u00e9fugi\u00e9e qui a r\u00e9ussi \u00e0 reconstruire  une vie dans un nouveau pays. Elle est aujourd\u2019hui secr\u00e9taire mais,  comme sa fille, elle n\u2019est pas heureuse dans sa vie.Jade   fait   des    listes   de   ce   qui   la   met   en   \u00ab crisse \u00bb,   In\u00e8s   fait   des    listes   de choses banales du quotidien. Elles sont toutes les deux  prisonni\u00e8res de leurs vies.C\u2019est   l\u00e0   qu\u2019intervient  Antigone,   morte    il   y   a   2500   ans   dans   une   trag\u00e9die grecque, mais qui est  la meilleure amie de Jade. Elle se bat pour que la trag\u00e9die qui porte  son nom soit jou\u00e9e par la troupe de th\u00e9\u00e2tre de son lyc\u00e9e. Elle symbolise  la r\u00e9volte.Jade parle \u00e0 un homme sur internet, il vit en Orient (Syrie)  et incite Jade \u00e0 venir le rejoindre.Jade   et   In\u00e8s   vont   se    retrouver   dans   tous   les   sens   du   terme   lors   d\u2019une  rencontre merveilleuse \u00e0 Antioche, une ville d\u2019Orient souvent carrefour  pour les r\u00e9fugi\u00e9s fuyant un pays ou  pour les djihadistes venus  d\u2019Occident.Antioche, la pi\u00e8ce de Sarah BerthiaumeLa   pi\u00e8ce   de   Sarah    Berthiaume   est   int\u00e9ressante.   Elle   pr\u00e9sente   un   sujet  moderne   en   lien   avec   les   soci\u00e9t\u00e9s   de   surconsommation   et    le   djihadisme,   mais toujours en lien avec la c\u00e9l\u00e8bre trag\u00e9die  grecque de Sophocle. Nous pouvons tous nous identifier aux personnages  de cette pi\u00e8ce, que nous   soyons adolescents (et ainsi comprendre Jade  qui ne supporte pas le poids, la pression qu\u2019on lui met pour choisir    un   avenir   difficile   et   incertain),   ou   adultes   (et    comprendre   la   d\u00e9tresse d\u2019In\u00e8s, enferm\u00e9e dans sa vie banale:\u00abm\u00e9tro,  boulot, dodo\u00bb). La pi\u00e8ce est donc ouverte \u00e0 tout public \u00e0 partir de  quatorze ans. Sarah Berthiaume a bien r\u00e9ussi \u00e0 concilier trag\u00e9die  classique et sujets modernes. Elle casse les codes du th\u00e9\u00e2tre avec  plusieurs ruptures du quatri\u00e8me mur qui int\u00e8gre le public \u00e0 la  pi\u00e8ce.Nous appr\u00e9cions donc lorsque Antigone se met \u00e0 chanter devant le  public de la pi\u00e8ce comme si nous \u00e9tions les \u00e9tudiants du lyc\u00e9e pour  lesquels elle chante  au bal de fin d\u2019ann\u00e9e.La   pi\u00e8ce   traite   de    sujets   modernes   mais   Sarah   Berthiaume   a   gliss\u00e9   de nombreux    petits   d\u00e9tails   qui   nous   rappellent   bien   la   trag\u00e9die    d\u2019Antigone.   Par  exemple,   lorsque     les   personnages    s\u2019adressent   au   public,   cela   fait   subtilement r\u00e9f\u00e9rence au  ch\u0153ur dans la r\u00e9\u00e9criture de Jean Anouilh.  <\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow\">\n<p> C\u2019est particuli\u00e8rement bien lorsque nous avons d\u00e9j\u00e0 lu ou \u00e9tudi\u00e9 ces  pi\u00e8ces d\u2019avoir les r\u00e9pliques sur le bout de la langue lorsque les  actrices les prononcent. Pour ce qui est de la fin, c\u2019est une fin ouverte  qui cl\u00f4ture assez bien une pi\u00e8ce   courte   de   deux   actes.   Cette    fin   laisse   un   peu   \u00e0   d\u00e9sirer   car   nous   n\u2019avons aucune  r\u00e9ponse \u00e0 nos questions et finalement pas de solution \u00e0 l\u2019intrigue. Elle  est tout de m\u00eame attendue car, malgr\u00e9 un dialogue final dynamique entre  m\u00e8re et fille, l\u2019intrigue manque d\u2019action et de suspense et les  r\u00e9pliques deviennent alors un peu lourdes, r\u00e9p\u00e9titives et ennuyantes.  <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><p> <em>Antioche<\/em>, la mise en sc\u00e8ne et le jeu <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>En rentrant dans la salle, nous ne  voyons pas vraiment de d\u00e9cor si ce n\u2019est qu\u2019un grand   \u00e9cran    d\u2019ordinateur ;   cela   para\u00eet   d\u00e9cevant.   Heureusement   la   pi\u00e8ce    va   nous   faire rapidement   comprendre   toute   la   symbolique    de   ce   d\u00e9cor.   Le   d\u00e9cor   sombre,   \u00e9pur\u00e9, repr\u00e9sente   les   deux    espaces   dans   lesquels   vivent   sym\u00e9triquement   sans   s\u2019en    apercevoir Jade et sa m\u00e8re.Si ce d\u00e9cor para\u00eet banal, Pierre Laniel  apporte une superbe touche de technologie \u00e0 la pi\u00e8ce en faisant  communiquer les \u00e9crans pr\u00e9sents dans le d\u00e9cor avec la pi\u00e8ce. Cela  correspond compl\u00e8tement avec le personnage d\u2019adolescente qu\u2019est Jade  mais aussi avec le sujet de la surconsommation. Le d\u00e9cor est certes  pauvre mais c\u2019est en fait la lumi\u00e8re et le jeu des acteurs qui font la  pi\u00e8ce. Les \u00e9clairages sont brillamment con\u00e7us par Alexandre Pilon-Guay   qui   nous   fait   vivre   la   pi\u00e8ce   aussi   \u00e0   travers   les    lumi\u00e8res.   C\u2019est   vraiment superbe   lorsque   l\u2019\u00e9clairage   se   fixe    exactement   comme   dans   les   films   am\u00e9ricains   sur Antigone  lorsqu\u2019elle chante pour le bal de promo. Denis Lavoie n\u2019a pas eu \u00e0 se  creuser la t\u00eate pour les costumes car ils sont tr\u00e8s basiques: tenues  occidentales pour Jade et sa m\u00e8re, et traditionnelle pour Antigone. <\/p>\n\n\n\n<p>En  revanche, Mounia Zahzam (Jade) et Sarah Laurendeau (Antigone) sont deux  actrices   brillantes   qui   incarnent   parfaitement   leurs    personnages.   Il   faut   souligner   les talents   de   Sarah    Laurendeau   pour   la   guitare   et   le   chant.   Ces   deux    actrices   sont   tr\u00e8s dynamiques et r\u00e9ussissent \u00e0 nous faire rire \u00e0 de  nombreuses reprises. Ariane Castellanos dans le r\u00f4le d\u2019In\u00e8s n\u2019est pas une  mauvaise actrice mais elle manque de conviction et de vie. Certes, elle  n\u2019a pas le personnage le plus important, ni le plus   dynamique   mais    In\u00e8s   manque   d\u2019interpr\u00e9tation   et   ce   personnage   l\u00e0   aurait    pu   \u00eatre mieux jou\u00e9.Pour finir, l\u2019accent qu\u00e9b\u00e9cois nous fait sourire  dans cette pi\u00e8ce mais il peut aussi \u00eatre une source de quelques  incompr\u00e9hensions, mais nous ne pouvons pas reprocher cela aux actrices. <\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><strong>Laura Pendaries (2de 5) <\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\">    <em>Antioche<\/em> : Trois femmes emmur\u00e9es vivantes <\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-6\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow\">\n<p> On se doit de remercier Martin Faucher et Sarah Berthiaume qui lors de  la semaine du 4 au 8 Novembre \u00e0 Albi, apportent un souffle d\u2019air frais  tout droit venu du Qu\u00e9bec pour aborder une sujet complexe.     Le  travail de la dramaturge, Sarah Berthiaume. Une   pi\u00e8ce   sinc\u00e8re,    pleine   de   remises   en   question,   de   doutes,   parlant   d\u2019un    sujet aussi bien actuel qu\u2019ancien, dans lequel se retrouvent : In\u00e8s, sa  fille Jade et Antigone, figure de r\u00e9volte il y a 2500 ans dans la  trag\u00e9die de Sophocle. Ces trois femmes sont \u00e0 la fois tr\u00e8s loin les unes  des autres et tr\u00e8s proches. Dans l\u2019acte II, les chemins d\u2019In\u00e8s et Jade  se croisent, elles ont toutes les deux seize ans, l\u2019une fuit la guerre,  le Moyen-Orient et va chercher une meilleure vie en Occident. L\u2019autre   part de l\u2019Occident vers le Moyen-Orient pour donner un sens \u00e0 sa vie.  Malgr\u00e9 ces discours profonds faits pour toucher l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du public,  Sarah Berthiaume parvient grossi\u00e8rement \u00e0 faire rire les spectateurs  avec les interruptions ponctuelles de la folie d\u2019Antigone qui rend  justement la pi\u00e8ce plus l\u00e9g\u00e8re. La fin de la pi\u00e8ce ne donne pas au  public de solution, la pi\u00e8ce nous laisse rentrer chez nous avec des  questions non r\u00e9solues. Choix judicieux de la part de Sarah Berthiaume  car le   sujet   abord\u00e9   n\u2019a   pas   de   solution,   chaque    spectateur   qui   se   sera   pos\u00e9   ces   questions, trouvera sa  propre r\u00e9ponse, c\u2019est ce qui est beau. En clair, la pi\u00e8ce soul\u00e8ve de  mani\u00e8re brutale   et   intelligente   les   d\u00e9fauts   de   la   soci\u00e9t\u00e9    actuelle.   Un   grand   bravo   \u00e0   Sarah Berthiaume.     Le travail  du metteur en sc\u00e8ne, Martin Faucher.D\u00e8s l\u2019entr\u00e9e d\u2019Antigone, le  spectateur per\u00e7oit son costume moderne \u00e0 tendance rebelle avec son jean  trou\u00e9 et sont haut \u00e0 l\u2019effigie d\u2019un groupe de musique rock, tout cela  partiellement recouvert par une toge. Ce choix perturbe les spectateurs  au d\u00e9but puis au final leur semble tout \u00e0 fait logique. Ces deux  costumes superpos\u00e9s montre les deux r\u00f4les que tient Antigone : celui  d\u2019Antigone, morte emmur\u00e9e vivante, et Antigone, l\u2019amie de lyc\u00e9e de Jade. <\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow\">\n<p> De plus, par son costume Antigone traverse les \u00e2ges. Le costume d\u2019In\u00e8s,  dans l\u2019acte I, est un costume de femme qui travaille, rien de plus banal  tout, comme Jade qui   est   habill\u00e9e   comme   une   lyc\u00e9enne    ordinaire.   Or   \u00e0   l\u2019acte   II,   la   m\u00e8re   et   sa   fille   sont  habill\u00e9es presque de la m\u00eame mani\u00e8re rappelant au public qu\u2019\u00e0 ce  moment-l\u00e0, elles ont le m\u00eame   \u00e2ge.   In\u00e8s   porte   des   couleurs    claires   et   voyantes   faisant   penser   \u00e0   l\u2019avenir   qui l\u2019attend    en   Occident   et   Jade   porte   des   couleurs   sombres   par    rapport   \u00e0   l\u2019avenir   qu\u2019elle pourrait avoir si elle va jusqu\u2019au bout  de sa r\u00e9volte.          A l\u2019acte II il n\u2019y a pas que les costumes qui  changent, il y a aussi le d\u00e9cor. On se trouve \u00e0 Antioche avec la fum\u00e9e ;  les actrices ont soulev\u00e9 les tapis et arrang\u00e9 le d\u00e9cor : on a chang\u00e9 de  terre. La sym\u00e9trie qu\u2019avaient In\u00e8s et Jade, Jade dans sa chambre \u00e0  droite de la sc\u00e8ne et l\u2019espace d\u2019In\u00e8s \u00e0 gauche a chang\u00e9. Lors de la  confrontation de la m\u00e8re et de la fille, leurs chemins se sont crois\u00e9s :  In\u00e8s se trouve \u00e0 gauche et Jade \u00e0 droite.     Le travail des  com\u00e9diennes, Ariane Castellanos, Mounia Zahzam et Sarah Laurendeau.  Malgr\u00e9 l\u2019\u00e2ge des trois com\u00e9diennes qui ne correspond pas tout \u00e0 fait \u00e0  celui de leur personnage, la relation de la m\u00e8re et de la fille  interpr\u00e9t\u00e9es par Ariane Castellanos et Mounia Zahzam (In\u00e8s et Jade) est  des plus cr\u00e9dibles, le public reste subjugu\u00e9 lors de la confrontation,    les   actrices   interpr\u00e8tent   leur   texte   de   mani\u00e8re   fluide    et   naturelle   avec   la dose   parfaite   d\u2019\u00e9motion.   Le   public    pourrait   se   laisser   s\u00e9duire   par   l\u2019id\u00e9e   qu\u2019Ariane Castellanos    pourrait   \u00eatre   la   vraie   m\u00e8re   de   Mounia   Zahzam,   on   en    oublie   le   fait   qu\u2019il semble qu\u2019elles aient le m\u00eame \u00e2ge. A ce  duo fusionnel se rajoute une r\u00e9elle folie, celle de Sarah   Laurendeau,    qui   interpr\u00e8te   une   Antigone   d\u00e9termin\u00e9e   et   \u00e9panouie   dans    le   r\u00f4le qu\u2019elle a dans la soci\u00e9t\u00e9.Ainsi, tous les ingr\u00e9dients pour  passer un excellent moment au th\u00e9\u00e2tre sont r\u00e9unis.                           <\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><strong>Laetitia Camus (2de 5 )<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><em> Antioche<\/em> prend vie!<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-9\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow\">\n<p> Le 7 novembre 2019, au Grand Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Albi, Martin Faucher nous a fait  vivre \u00e0 travers sa troupe th\u00e9\u00e2trale, la pi\u00e8ce <em>Antioche<\/em>. Souvenons-nous  de l\u2019histoire: Jade, In\u00e8s et Antigone sont toutes trois des r\u00e9volt\u00e9es.  Rappellons-nous Antigone, jeune fille emmur\u00e9e il   y   a   2500   ans    dans   la   pi\u00e8ce   de   Sophocle,   pour   avoir   tent\u00e9   de   rendre    les   hommages fun\u00e8bres \u00e0 son fr\u00e8re, et symbole de la r\u00e9volte. On la  retrouve, errant encore, attendant de pouvoir   descendre   aux    Enfers.   Jade   et   sa   m\u00e8re,   quant   \u00e0   elles,   sont   r\u00e9volt\u00e9es    par   les soci\u00e9t\u00e9s qui les entourent. Toutes deux, elles font des  listes, esp\u00e9rant pouvoir sortir de cette   vie   qui   leur   est    d\u00e9di\u00e9e :   Jade,   ayant   rencontr\u00e9   un   homme   sur   Internet,    souhaite gagner   l\u2019Orient   afin   de   rencontrer   son   amant.    In\u00e8s,   elle,   a   fuit   l\u2019Orient   pour   vivre   en Occident,  symbole de libert\u00e9 \u00e0 ses yeux.On retrouve les artistes dans un d\u00e9cor  simple, la mod\u00e9lisation d\u2019un appartement ou d\u2019une maison probablement.  Ce d\u00e9cor simpliste permet de mieux se concentrer sur les artistes. De  plus, l\u2019utilisation d\u2019accessoires est mod\u00e9r\u00e9e, les artistes ne se  servent que du n\u00e9cessaire: les objets connect\u00e9s, comme par exemple  l\u2019ordinateur de Jade sur lequel elle fait ses listes, ou encore la  t\u00e9l\u00e9vision d\u2019In\u00e8s.Alexandre Pillon-Guay apporte un jeu de lumi\u00e8res assez  int\u00e9ressant: l\u2019\u00e9clairage est faible, mais sert aussi de d\u00e9cor. On le  voit par exemple dans l\u2019acte II, \u00e0 la station service, mais aussi  lorsque Antigone a l\u2019opportunit\u00e9 de descendre aux Enfers: la lumi\u00e8re  symbolise l\u2019escalier. La lumi\u00e8re joue un r\u00f4le important dans la pi\u00e8ce,  notamment lorsque In\u00e8s entre en sc\u00e8ne: elle arrive comme un fant\u00f4me; la  lumi\u00e8re permet de montrer sa fatigue, son d\u00e9sarroi apr\u00e8s une journ\u00e9e de  travail.La   transition   de   l\u2019acte   I   vers   l\u2019acte   II   est    r\u00e9alis\u00e9e   par   les   actrices :   celles-ci r\u00e9pandent des sacs en  plastique partout sur sc\u00e8ne ; avec peu d\u2019accessoires, on comprend  quand-m\u00eame tr\u00e8s bien le changement de lieu. <\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow\">\n<p> Antigone,   merveilleusement   bien   interpr\u00e9t\u00e9e   par   Sarah    Laurendeau,   est   v\u00eatue d\u2019habits noirs qui refl\u00e8tent sa personnalit\u00e9  de lyc\u00e9enne. Par-dessus ces habits-l\u00e0, elle porte une toge blanche qui  permet de la distinguer des autres, mais aussi, car, d\u2019apr\u00e8s-elle, la  toge fait partie d\u2019elle. Sarah Laurendeau fait vivre une Antigone que  l\u2019on retrouve tr\u00e8s attachante et dr\u00f4le, on a envie de l\u2019\u00e9couter. In\u00e8s,  quant \u00e0 elle, est interpr\u00e9t\u00e9e par Ariane Castellanos. Elle interpr\u00e8te  In\u00e8s comme une femme s\u00e9rieuse, qui reste silencieuse durant la majorit\u00e9  de la pi\u00e8ce. On voit le double r\u00f4le d\u2019In\u00e8s, une femme travailleuse mais  triste au fond d\u2019elle, gr\u00e2ce \u00e0 ses habits: elle est v\u00eatue en tenue  s\u00e9rieuse, mais le soir, chez elle, s\u2019empresse de se changer et d\u2019enlever  ses escarpins. Lors de l\u2019acte II, elle se change avec un surv\u00eatement et  a un sac, tenue de voyageuse. Pour finir, Mounia Zahzam joue le r\u00f4le de    Jade,   une   adolescente   qui   porte   aussi   un   surv\u00eatement,    ainsi   qu\u2019une   tenue   de   soir\u00e9e pour le bal du lyc\u00e9e. Cette pi\u00e8ce  est tr\u00e8s int\u00e9ressante, notamment au sujet des th\u00e8mes abord\u00e9s tr\u00e8s bien  refl\u00e9t\u00e9s   dans   cette   mise   en   sc\u00e8ne.   Bien   s\u00fbr,   l\u2019id\u00e9e    principale   est   celle   de   la   r\u00e9volte, repr\u00e9sent\u00e9e par nos trois  personnages, mais il y a aussi la d\u00e9nonciation des soci\u00e9t\u00e9s de  consommation, repr\u00e9sent\u00e9es par In\u00e8s, qui le soir regarde la t\u00e9l\u00e9vision  et ach\u00e8te donc les ingr\u00e9dients   pour   r\u00e9aliser   les   m\u00eames    recettes   que   le   cuisinier.   Il   y   a   aussi   le   th\u00e8me   de  l\u2019adolescence, symbolis\u00e9 par Jade, qui a envie de se r\u00e9volter, envie de  changer. Pour finir,   on   peut   aussi   imaginer   le   th\u00e8me   de    l\u2019influence   des   r\u00e9seaux   sociaux   (Internet),   qui   est  symbolis\u00e9   par   Jade   qui   rencontre   \u00ab H \u00bb   sur   Internet   et    qui   souhaite   \u00e0   tout   prix   le rencontrer. rencontrer. Certes les acteurs de cette pi\u00e8ce sont qu\u00e9b\u00e9cois, cela  peut surprendre, et certes il y a donc quelques incompr\u00e9hensions du  texte, mais cette pi\u00e8ce demeure tr\u00e8s int\u00e9ressante, surtout au niveau des  th\u00e8mes abord\u00e9s. Envie de se cultiver ? Alors, quel que soit votre \u00e2ge,  allez vite voir Antioche!   <\/p>\n\n\n\n\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n\n\n\n\n<p><strong>Camille JAMMES (2de5)<\/strong> <\/p>\n\n\n\n\n\n\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Antioche : une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre qu\u00e9b\u00e9coise entre Orient et Occident La pi\u00e8ce Antioche se joue actuellement au Grand Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Albi. \u00c9crite par Sarah Berthiaume et mise en sc\u00e8ne par Martin Faucher, la pi\u00e8ce d\u00e9nonce \u00e0 travers un th\u00e9\u00e2tre moderne, la dure r\u00e9alit\u00e9 de nos actuelles soci\u00e9t\u00e9s de consommation.Antioche, pi\u00e8ce ou carrefour d\u2019Orient?Jade est une [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2780,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0},"categories":[16],"tags":[],"blocksy_meta":{"styles_descriptor":{"styles":{"desktop":"","tablet":"","mobile":""},"google_fonts":[],"version":6}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/pbellevue.libreedu.ovh\/productions\/wpcdi\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2773"}],"collection":[{"href":"https:\/\/pbellevue.libreedu.ovh\/productions\/wpcdi\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/pbellevue.libreedu.ovh\/productions\/wpcdi\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pbellevue.libreedu.ovh\/productions\/wpcdi\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pbellevue.libreedu.ovh\/productions\/wpcdi\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2773"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/pbellevue.libreedu.ovh\/productions\/wpcdi\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2773\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2805,"href":"https:\/\/pbellevue.libreedu.ovh\/productions\/wpcdi\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2773\/revisions\/2805"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pbellevue.libreedu.ovh\/productions\/wpcdi\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2780"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/pbellevue.libreedu.ovh\/productions\/wpcdi\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2773"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/pbellevue.libreedu.ovh\/productions\/wpcdi\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2773"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/pbellevue.libreedu.ovh\/productions\/wpcdi\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2773"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}